Petite enfance : la FFEC appelle le Gouvernement à en faire une Grande Cause nationale
À 7 mois de l’élection présidentielle, la Fédération française des entreprises de crèches et de micro-crèches (FFEC) alerte le Gouvernement sur les difficultés économiques rencontrées actuellement par le secteur de la petite enfance.
Selon une étude citée par la Fédération, 521 structures ont fermé en 2025, entraînant la suppression de 1 448 emplois en équivalent temps plein (ETP). Parmi ces fermetures, 397 concerneraient des établissements du secteur privé marchand.
Ces éléments ne signifient pas que les établissements concernés manquaient de familles à accueillir. Dans certains cas, la difficulté peut davantage relever de l'équilibre économique de la structure que de son niveau d'activité.
Des crèches confrontées à des difficultés économiques
Ces fermetures interviennent alors que les besoins d'accueil des jeunes enfants restent importants dans de nombreux territoires.
Selon la FFEC, plusieurs difficultés se cumulent pour les gestionnaires : augmentation des coûts de fonctionnement, inflation, évolution du coût du travail, difficultés de recrutement et financement jugé insuffisant au regard des charges supportées par les établissements.
Elle met notamment en avant l'écart entre les coûts réellement supportés par les établissements et les financements dont ils bénéficient. Selon les données qu'elle cite, 83 % des établissements financés par la prestation de service unique (PSU) auraient ainsi supporté en 2025 des charges horaires supérieures au tarif plafond de 10 euros par heure.
Derrière ces chiffres se trouvent des établissements, des professionnels et des familles directement concernés par ces évolutions.
Des suppressions d'emplois malgré des besoins de recrutement
La situation apparaît particulièrement paradoxale dans un secteur qui connaît toujours d'importants besoins en personnel.
Une enquête menée par la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) fin 2024 faisait état d'environ 6 100 ETP vacants depuis plus de trois mois dans les crèches. En incluant également les postes vacants depuis moins longtemps, le nombre atteignait environ 13 500 ETP.
Ces chiffres illustrent un paradoxe du secteur : des établissements peuvent simultanément faire face à des difficultés de recrutement et à des suppressions de postes liées à des fermetures ou à des difficultés économiques.
Pour les gestionnaires, l'enjeu est donc double : continuer à attirer de nouveaux professionnels, mais également parvenir à fidéliser ceux qui sont déjà en poste.
L'amélioration des conditions de travail, l'attractivité des rémunérations et les possibilités d'évolution professionnelle font notamment partie des leviers régulièrement évoqués pour répondre à ces difficultés.
Les propositions de la FFEC
Face à cette situation, la FFEC demande aux pouvoirs publics la mise en place d'un plan d'urgence pour la petite enfance.
Parmi ses propositions figurent notamment :
- La formation en urgence de 20 000 professionnels de catégorie 1,
- L'extension du bonus attractivité à tous les professionnels de crèches,
- L’évolution des financements publics afin de mieux prendre en compte l'inflation et l'augmentation du coût du travail,
La Fédération demande également une évolution des mécanismes de financement des établissements, avec notamment une revalorisation de la prestation de service unique (PSU) et une adaptation des financements aux coûts réellement supportés par les structures.
Source : FFEC
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