Les crèches dans les pays scandinaves

28 Dec 2022

En cette période hivernale les températures en France se situent entre 0 et 10°C en moyenne, rien de comparable aux hivers de nos voisins Scandinaves ou les températures avoisinent les -5 °C

Il est donc intéressant de se pencher sur le fonctionnement des structures d’accueil petite enfance dans ces pays au grand froid et très enneigés.

 

Le contexte historique :

 

Tout d’abord, il faut prendre en considération que la vision de la famille est différente en Scandinavie. En effet, depuis les années 30, le budget alloué à l’éducation et à la famille n’a cessé d’augmenter.

 

À cela s’ajoute que depuis les années 60, les politiques familiales se sont développées, notamment en réponse aux problématiques qu’engendrent l’entrée massive des femmes sur le marché du travail. Les services d’accueil de la petite enfance sont donc un pilier important dans le programme de la politique familiale. Ce sont des services essentiellement gratuits qu’offrent les municipalités.

 

Ces services ont une double mission : Permettre aux parents de concilier études ou travail avec leur vie familiale d’une part, et stimuler le développement et l’apprentissage chez l’enfant d’autre part.

 

La Suède et le Danemark ont été les premiers à développer des prestations d’accueil pour les enfants ; la Finlande a été plus lente à mettre en œuvre de tels service : pays plus traditionnaliste, l’éducation revenait essentiellement aux parents au sein des familles. C’est d’ailleurs toujours le cas, c’est le pays affichant la plus basse fréquentation d’enfants en crèches de toute la Scandinavie.

 

Cependant, tous les gouvernements scandinaves se sont efforcés, en priorité, de mettre en place des services d’accueil pour enfants sans équivalence à ceux de chez nous, garantissant une accessibilité universelle.

 

Dans tous ces pays nordiques, se cumule à la fois des crèches collectives mais aussi des crèches familiales municipales qui accueillent essentiellement des enfants de moins de 6 ans. S’ajoute un système de garde par des nourrices rémunérées par les communes afin de proposer la garde de l’enfant au domicile de celle-ci. Comme pour les crèches collectives, les parents contribuent aux frais de garde.

 

Pour finir, prenons l’exemple de la Norvège qui est le pays où les familles ont le budget crèche le plus bas d’Europe. En effet une famille norvégienne dépensera environ 300€ par mois pour la garde de ses enfants ce qui représente seulement 6% de leurs revenus selon « l’article de Courrier International ».  Chaque famille reçoit une allocation mensuelle de 98€. Les familles les plus modestes bénéficient d’une gratuité totale.

 

Les différences notables avec la France :

 

En Scandinavie, en règle générale, les enfants entrent en crèche à partir de 10 mois, mais idéalement à 1 an. Au Danemark par exemple, les parents bénéficient d’un congé parental de 11 mois, le fait d’entrer à 10 mois laisse à l’enfant un mois pour s’adapter à son nouvel environnement. La maman prend en général entre 6 à 10 mois de congé parental, puis le papa prend le relais pendant les mois restants et s'occupe de l'adaptation en crèche. Autre exemple, en Suède, les parents bénéficient d’un congé parental de 480 jours qu’ils se partagent.

 

En Suède, toujours, lors de l’entrée en crèche que l’on appelle une « förskola », une semaine est dédiée à l’initiation parents-enfant. Du lundi au jeudi, les parents intègrent complètement la vie de leurs enfants en participant à tout et à hauteur d’enfant ! Le repas se prend sur la petite table des enfants, assis sur la petite chaise.

 

Quant à la sieste, les parents s’installent sur un petit matelas, collés-serrés aux autres bébés dormeurs : une réelle immersion pour les adultes ! Le vendredi se déroule sans les parents et l’équipe encadrante prend le relais tout en douceur. Une transition réussie à la fois pour les parents et les enfants.

 

En Scandinavie quel que soit la météo, on sort tous les jours ! Hors de question d'ôter aux enfants toutes ces épaisseurs de manteaux, polaires et autres pantalons de pluie plusieurs fois par jour après avoir passé beaucoup de temps à les enfiler. Alors de nombreuses activités se passent dehors.  Pas ou peu d’interdit dans ces structures : Bac à sable, petits tricycles, toboggans et balançoires sont présents dans la cour. On peut aussi faire de la luge, jouer avec des planches et autres matériaux, peindre sur la neige… tout est permis ou presque !

 

Sortir à l’extérieur de la crèche est courant. Un membre de l’équipe pédagogique veille sur 4 enfants, qu’il installe dans une poussette ou bien dans un vélo cargo pour une balade en ville, ou pour aller jouer dans un parc ou encore pour prendre le métro. Afin de pouvoir réaliser de façon spontanée ces sorties en fonction des opportunités et de la météo, une autorisation des parents est demandée en début d'année.

 

En plus des sorties quotidiennes dans le jardin de la crèche et des balades en ville ou à la campagne, les petits font la sieste dehors ! Rassurez-vous ils sont bien équipés : combinaison, bonnet, gants, petit sac de couchage placé directement dans le landau, couverture, tout est prévu pour qu’ils soient bien au chaud. Sous un préau, des landaus en bois personnalisés sont installés pour la sieste des tous petits.

 

Cette pratique est bénéfique aux enfants à tous les égards. Tout d’abord, l’air frais est le premier atout santé pour leurs poumons et leurs organismes. L’autre atout est l’apprentissage de l’autonomie du sommeil et surtout de l’endormissement. Grâce aux bruits naturels de l’extérieur, ils sont bercés et apprennent à s’endormir sans un indispensable silence.

 

L’endormissement est plus facile et les cycles de siestes sont plus longs, l’enfant apprend également à enchainer plusieurs cycles de sommeil, car il se réveille seul et se rendort donc seul sans aide extérieur. Il prend également l’habitude de faire des siestes de 2 à 3 heures.

 

Nous pouvons souligner entre la France et la Scandinavie la différence de répartition enfant/adulte. Au Danemark, il est question d’un adulte pour 3 enfants. En Suède c’est un pédagogue pour 5-6 enfants. Les membres du personnel sont tous polyvalents, mais on trouvera toujours un directeur de crèche (förskolechef), un enseignant de crèche (förskollärare), des auxiliaires de puériculture ainsi qu'une auxiliaire de vie scolaire. Alors qu’en France, la répartition enfant/adulte est un adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas et un adulte pour 8 enfants qui marchent.

 

En termes de pédagogie, en Suède les membres de l’équipe prennent appui sur le plan pédagogique de l’éducation nationale suédoise. Différents ateliers sont proposés aux enfants, mais ils sont libres de participer ou non. Les éducateurs sont là pour les inspirer/orienter, à éveiller leur intérêt, à leur lancer des défis, à réfléchir et interagir entre eux.

 

La dernière différence que nous aborderons concerne l’alimentation.  Chaque structure possède une cuisine afin que tout soit préparé sur place, avec des produits frais à 90% bio. Il y a parfois même un cuisinier attitré ! Les menus sont affichés à l’entrée, ils se composent d’un plat principal avec un verre de lait de chèvre ou de brebis ou d’eau. Les plats, sont sans sucre et sans viande, les protéines sont souvent du poisson ou des œufs, et il n’y a pas dessert ni de yaourt.

 

Même pour un goûter d’anniversaire, il est important de respecter cette règle du « sans sucre », Il n’est pas rare que le gouter soit salé !  Par exemple une tranche de pain avec du pâté, avec des crudités, le pâté peut être remplacé par des œufs, des pommes de terre, du poisson afin de varier les plaisirs chaque jour.

 

Sources : 

Cairn

Courrier international

Erudit 

Ouest France 

Le petit journal 

Manipani.com 

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