Réforme des diplômes du travail social : vers une baisse des exigences ?
Réforme des diplômes d'État en travail social : le SNPPE tire la sonnette d'alarme
Le SNPPE (Syndicat National des Professionnel.le.s de la Petite Enfance) a signé, le 2 juin 2026, une nouvelle déclaration commune avec plusieurs organisations professionnelles, syndicales et de formation, exigeant le retrait de la réforme des diplômes d'État en travail social de niveau 6 (voir la déclaration commune 2025). Cette réforme, qui est pourtant présentée par le ministère comme une modernisation des formations, suscite une forte opposition dans le secteur.
Ce que contient la réforme
Applicable dès la rentrée de septembre 2026, cette réforme issue d'une instruction ministérielle du 16 mars 2026 concerne plusieurs diplômes d'État, dont celui d'éducateur.rice de jeunes enfants (EJE). Elle prévoit notamment une uniformisation des formations entre les différents métiers du travail social. La réforme inclut également des allègements significatifs concernant certains blocs de compétences ainsi que les périodes de stage. Par ailleurs, elle acte la suppression du mémoire professionnel et entraîne un affaiblissement du livret de formation pratique. La généralisation du contrôle continu entre également en vigueur, les modalités seraient désormais définies par chaque établissement.
Des inquiétudes pour la formation des EJE
Pour le SNPPE, le diplôme d'EJE ne peut pas être dilué dans une logique d'uniformisation. Le métier repose sur une expertise spécifique (accueil du jeune enfant, soutien à la parentalité, prévention, travail d'équipe) qui ne peut être acquise exclusivement en salle de classe ou à travers un enchaînement d'évaluations internes.
La suppression du mémoire professionnel est particulièrement pointée du doigt : cet exercice constituait un espace essentiel d'analyse, d'articulation entre théorie et pratique, et de construction d'une posture réflexive. Le remplacer par une épreuve conclusive définie par chaque école n’offre pas le même niveau de rigueur.
Le SNPPE alerte également sur l'affaiblissement de la place des terrains professionnels dans l'évaluation des stagiaires. Le livret de formation pratique, qui permettait aux équipes d'accueil de rendre compte du positionnement et de l'évolution de l'étudiant.e, ne serait plus pris en compte dans la validation du diplôme.
Une réponse inadaptée à la crise d'attractivité
Le ministère présente cette réforme comme une réponse aux difficultés de recrutement et d'attractivité du secteur. Cela dit, le SNPPE conteste cette analyse. La crise d'attractivité est documentée et tient avant tout aux bas salaires, au manque de reconnaissance, à la dégradation des conditions de travail et à l'épuisement professionnel. Abaisser les exigences de formation ne répond aucunement à l’une de ces causes. La réforme risque au contraire de fragiliser encore davantage les futurs professionnels une fois en poste.
Source : SNPPE, communiqué du 2 juin 2026
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