Protection de l’enfance : un nouveau guide pour les professionnels de crèche »
Les chiffres à retenir
1 enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents, selon le guide du Haut-commissariat à l’enfance.
160 000 enfants par an sont victimes d’inceste, de viols et d’agressions sexuelles en France.
68 % des professionnels déclarent s’être déjà sentis impuissants face à une situation de violence.
Face à ces chiffres, le Haut-commissariat à l’enfance piloté par Sarah El Haïry publie un guide consacré au repérage des violences et au recueil de la parole de l’enfant victime. Destiné aux professionnels en contact avec les mineurs, il apporte des repères concrets pour identifier les signes d’alerte, accueillir la parole d’un enfant et transmettre une inquiétude aux interlocuteurs compétents.
Pour les équipes de crèche, qui peuvent être parmi les premières à observer un changement de comportement ou à recueillir une confidence, ce guide constitue un outil de sensibilisation pour mieux comprendre leur rôle et savoir comment agir.
Le guide rappelle une distinction essentielle : savoir accueillir la parole d’un enfant ne signifie pas mener soi-même une enquête. Le rôle des professionnels est de repérer les signes préoccupants, d’écouter avec bienveillance et de transmettre les informations nécessaires à la protection de l’enfant.
« L’intérêt supérieur de l’enfant doit toujours primer. »
Ce principe doit guider la posture des professionnels, leurs échanges en équipe et les décisions prises face à une situation préoccupante. Il implique de placer les besoins de protection de l’enfant au cœur des démarches, tout en respectant sa parole, son rythme et sa dignité.
Pour une structure d’accueil, cette publication peut servir de support à un échange en équipe : chacun connait-il les démarches à suivre en cas d’inquiétude et les interlocuteurs à contacter ?
Quels signes doivent attirer l’attention des professionnels crèche ?
Certains signes peuvent éveiller des inquiétudes : des blessures inexpliquées, une peur inhabituelle de certains adultes, un retrait soudain, des changements de comportement, des régressions dans des acquisitions, ou encore des troubles du sommeil ou de l’alimentation.
Ces manifestations doivent être appréciées selon le développement et la situation de chaque enfant. Aucun signe isolé ne permet, à lui seul, de conclure à l’existence de violences. En revanche, leur répétition, leur association ou une évolution inhabituelle peuvent justifier une vigilance accrue.
Face à une inquiétude, les échanges entre professionnels permettent de partager des observations précises et factuelles, sans poser de diagnostic ni tirer de conclusions hâtives.
Accueillir la parole de l’enfant sans mener un interrogatoire
Lorsqu’un enfant se confie, le professionnel doit adopter une attitude calme et rassurante. Il est essentiel de l’écouter sans le brusquer, de respecter son rythme et de lui rappeler qu’il n’est pas responsable des violences qu’il pourrait subir.
Les questions suggestives, les interrogatoires répétés et les promesses de secret sont à éviter. L’objectif n’est pas d’obtenir un récit détaillé ni de vérifier soi-même les faits, mais de permettre à l’enfant de s’exprimer sans pression.
Le guide propose les 10 repères suivants pour aider les professionnels à adopter une posture adaptée :
Les propos recueillis doivent ensuite être retranscrits aussi fidèlement que possible, en précisant le contexte et les circonstances dans lesquelles ils ont été exprimés. Il convient de distinguer les paroles de l’enfant des observations et des interprétations du professionnel.
La situation doit ensuite être transmise aux interlocuteurs compétents, conformément à la procédure de la structure et aux obligations applicables. Le recours à la direction ou à un référent peut faciliter la coordination, mais ne doit jamais retarder une démarche nécessaire à la protection de l’enfant.
Transmettre une inquiétude pour protéger l’enfant
Le professionnel n’a pas à apporter la preuve des violences pour agir. Lorsqu’une situation suscite une inquiétude concernant un enfant en danger ou susceptible de l’être, les informations doivent être transmises aux services compétents, sans attendre d’avoir des certitudes.
Une situation préoccupante peut être transmise à la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes (CRIP) du département. En cas de danger grave et immédiat, les services d’urgence doivent être contactés sans délai, notamment au 17 ou au 112 selon la situation. Le 119, numéro national d’Allô enfance en danger, constitue également une ressource pour être conseillé et orienté.
Au sein d’une crèche, il est donc essentiel de disposer d’une procédure de protection de l’enfance claire, accessible et régulièrement actualisée. Les coordonnées des interlocuteurs doivent être vérifiées et les nouveaux salariés informés des démarches à suivre. Chaque professionnel doit savoir comment transmettre une inquiétude et à qui s’adresser, sans rester seul face à une situation préoccupante.
Source : Solidarites.gouv.fr
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