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Formation des infirmières puéricultrices : une réforme qui suscite des interrogations

01 Oct 2026

La formation des infirmières puéricultrices, dont le programme actuel date de 1983, doit aujourd’hui évoluer pour mieux correspondre aux besoins des enfants et des familles et renforcer la reconnaissance universitaire de cette spécialité.

Après plusieurs années d’attente, le Gouvernement a annoncé en janvier 2026 l’engagement de travaux de réingénierie du métier et de la formation des infirmières puéricultrices, parallèlement à une réflexion sur leur exercice de la pratique avancée. Mais plusieurs mois après le lancement de ce chantier, son avancement et certaines orientations envisagées suscitent des interrogations au sein de la profession.  

Dans un communiqué publié le 23 septembre 2026, le Syndicat national des puéricultrices diplômées d’État (SNPDE) interpelle ainsi le ministère de la Santé sur le projet d’une mention d’infirmier en pratique avancée (IPA) consacrée à la « santé de l’enfant ». Le syndicat demande que la pratique avancée des puéricultrices soit construite à partir de la disposition spécifique prévue par la loi du 27 juin 2025.

Une pratique avancée spécifiquement adaptée aux puéricultrices

La loi du 27 juin 2025 prévoit la possibilité pour les infirmières puéricultrices d’exercer en pratique avancée selon des modalités propres à leur spécialité.

Pour le SNPDE, cette disposition constitue un point essentiel : il ne s’agit pas simplement d’ajouter les puéricultrices au dispositif de pratique avancée déjà existant pour les infirmiers, mais de construire un cadre de pratique avancée spécifiquement adapté à leur formation, à leur expertise et aux besoins de santé des enfants.

Les modalités concrètes de cette pratique avancée restent toutefois à définir. Les futurs textes devront notamment préciser les compétences attribuées aux puéricultrices, le niveau de formation requis, les conditions d’exercice et la place de cette nouvelle qualification dans leur parcours professionnel.

Le SNPDE demande donc au ministère de clarifier le calendrier et les orientations des travaux en cours, mais aussi de préciser la manière dont seront prises en compte la réingénierie de la formation, sa reconnaissance universitaire et l’évolution des compétences des infirmières puéricultrices.

Pourquoi le projet d’une mention IPA « santé de l’enfant » inquiète-t-il la profession ?

C’est dans ce contexte que le projet d’une nouvelle mention IPA consacrée à la « santé de l’enfant » suscite des réserves.

Le SNPDE craint que cette nouvelle voie puisse permettre à des infirmiers qui ne sont pas titulaires du diplôme d’État de puéricultrice d’acquérir une qualification en pratique avancée dans le champ de la santé de l’enfant. Pour le syndicat, cette perspective pose la question de l’articulation entre cette future mention et la spécialité de puéricultrice. Les infirmières puéricultrices disposent en effet déjà d’une formation spécialisée consacrée à la santé, au développement et à l’accompagnement de l’enfant et de sa famille.

Le SNPDE ne remet pas en cause le principe de la pratique avancée. Il demande que son développement dans le champ de l’enfant s’appuie sur la spécialité de puéricultrice et sur la disposition introduite par la loi de 2025, plutôt que sur la création d’une voie distincte.

L’enjeu, pour la profession, est donc de faire évoluer les compétences des puéricultrices sans créer un dispositif qui pourrait, selon elle, entrer en concurrence avec leur diplôme et leur expertise.

Ces interrogations sont également partagées par six organisations représentatives de la profession, qui ont publié une tribune commune récemment. Elles y alertent à leur tour sur l’avancée des travaux de réingénierie et demandent davantage de visibilité sur les orientations de la réforme.

Une réforme qui doit encore préciser ses contours

À ce stade, les modalités définitives de la réforme et de la future pratique avancée des puéricultrices ne sont pas encore arrêtées.

Le communiqué du SNPDE et la tribune traduisent les positions et les demandes des organisations professionnelles. Ils témoignent notamment d’une attente forte concernant le calendrier des travaux, la réingénierie de la formation, sa reconnaissance universitaire et la définition des futures compétences.

Pour le secteur, l’enjeu est de moderniser la formation et de développer les compétences des puéricultrices tout en préservant la spécificité de leur diplôme et leur expertise dans la santé et le développement de l’enfant.

Source : Syndicat national des puéricultrices diplômées d’État (SNPDE)

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